mardi 3 février 2015

World Hidjab Day, l’intolérance là où on ne l’attend pas.

Article de Dray


J’ai fait parti d’une minorité religieuse jusqu’à mes 22 ans. Je sais ce que c’est d’être stigmatisé pour des raisons religieuses, je l’ai vécu, je l’ai expérimenté, puisque jusqu’à mes 22 ans j’ai été mormone.
J’ai 10 ans, je joue dans les jardins de l’église. Des gamins s’arrêtent devant les grilles pour m’insulter.
J’en ai 17, des camarades de classes essayent de me faire boire de l’alcool à mon insu (parce que c’est funky d’essayer de briser mes interdits alimentaires.)
J’en ai 19, un type insulte ma foi et passe de très longue heures à essayer de me démontrer que j’ai tors, pour l’unique raison que mes croyances contrarient son plan pour me mettre dans son lit.
Et tout le reste du temps je suis la cible facile de rumeurs délirantes, des moqueries, concernant ma foi, ma famille, mon mode de vie. Pourtant je ne fais de mal à personne.
Pour des raisons personnelles je quitte le mormonisme à 22 ans mais je suis toujours surprise par la violence des préjugés.
Le rapport avec le World Hidjab Day ?
Le 1er Février, je veux participer. Parce que justement je sais ce que c’est d’être la cible de l’ignorance quand on est croyant dans une minorité religieuse. Parce que l’islamophobie française ne cesse de prendre de l’ampleur. Et que la cible prioritaires des islamophobes, ce sont les femmes voilées. (Vous savez, ces femmes très dangereuses, qu’il est extrêmement courageux d’attaquer de front).
Cette cause me touche, en tant que féministe, en tant qu’ancienne croyante.
Je me pose devant le miroir, j’essaye de faire tenir un foulard. Je trouve même que ça me va bien.
Et puis, je fais pars de mon envie de participer à cette journée internationale du Hidjab à mon copain.
Un type éduqué, qui se classe dans la catégorie des « nice guy ».
La réaction n’est pas franchement chaleureuse.
« Quoi ? Mais c’est n’importe quoi ! Tu vas pas faire ça, tu vas me foutre la honte ! »
J’essaye d’argumenter. L’islamophobie, tout ça.
« Justement, si t’es féministe tu peux pas soutenir des types qui forcent leur femmes à se voiler, on me fera pas croire que c’est un choix. »
J’essaye de lui donner quelques exemples de femmes fortes que je connais qui portent le Hidjab non pas comme une contrainte mais pour leur foi.
« Ouai, dans pas longtemps on nous inventera la journée nationale de la croix, c’est complètement débile.»
Après un froid « Tu fais ce que tu veux. » il retourne à son bouquin et m’ignore pendant l’heure qui suit.
Je vacille, je n’en parle plus. Je ré aborde le sujet en essayant d’y mettre de l’humour, je me heurte à chaque fois à sa mine désapprobatrice. La veille je me penche vers lui, je lui dis « Demain, c’est le Hidjab Day.
Ces amis sont là, il chuchote « Tu vas pas faire ça» Il a l’air agacé.
On s’est disputé pas mal de fois la semaine précédente, ce WE chez ses amis je l’ai accompagné pour essayer d’aplanir un peu les choses. Jusqu’au dernier moment je me dis que je vais quand même le faire. Mais le jour J, lâchement, je capitule.
Et le lendemain je réalise l’absurdité du truc :
Je n’ai pas porté le Hidjab, un jour où ça signifiait tellement de chose pour moi (mon engagement féministe, mon vécu dans une minorité, ma solidarité avec les victimes de l’islamophobie) parce qu’un type, qui est persuadé que les gros méchants c’est les barbus qui obligent leur femmes à se voiler, qu’un voile n’est jamais un choix, a fait pression sur moi pour que je ne le fasse pas.

Alors je n’ai pas su si mon expérience était à classer dans l’expérience sexiste. Ou dans l’expérience islamophobe.

Si vous voulez déprimer un peu vous pouvez jeter un œil à cette carte qui liste les actes islamophobes
http://map.islamophobie.net/

vendredi 23 janvier 2015

Comment ne plus être interrompue au travail, juste parce qu'on est une femme

Ceci est ma traduction d'un extrait d'article que vous pouvez trouver sur http://time.com/3666135/sheryl-sandberg-talking-while-female-manterruptions/

Un guide pour les femmes, les hommes et les patron

Manterruption : Interruption d'une femme par un homme sans raison valable

Hompropriation : Prendre une idée émise par une femme et récupérer les lauriers.

Nous nous souvenons tous quand en 2009, Kanye West a jailli sur la scène du MTV Video Music Awards, a pris le micro des mains de Taylor Swift, et s'est lancé dans un monologue. "Je vais te laisser finir", a-t-il dit tandis qu'il interrompait Swift, alors qu'elle acceptait le prix de la meilleure vidéo dans la catégorie féminine.
"Mais Beyoncé a fait une des meilleurs vidéo de tous les temps !"
Kaynes en pleine Manterruption

C'était sans doute l'exemple de "Manterruption" faite devant le plus de monde. Ce qui signifie un homme qui interrompt une femme alors qu'elle essaye de parler (dans ce cas, sur scène, pendant sa remise de prix) pour lui prendre la parole. Aux Video Music Award, c'était un genre de divertissement, mais demandez à chaque femme qui travaille et nous reconnaissons ce phénomène. Nous parlons dans une réunion, seulement pour entendre une voix masculine se mettre en écho plus fort. Nous lançons une idée, peut-être avec un peu faiblement, seulement pour voire un type la répéter avec autorité. Nous pourrions avoir les compétences, mais lui a les bonnes cordes vocales - ce qui signifie que nous nous taisons, et nous perdons confiance (ou pire, la reconnaissance pour le travail accompli).

Nous pourrions penser que nous sommes justes paranoïaques. Mais merci à Sheryl Sandberg et Adam Grant (un homme !) professeur à l'école de la Warthon business school, nous pouvons nous sentir un peu moins cinglée quand nous nous refaisons le film des ces réunions qui tournent mal. Dans le New York Times, ils pointent la difficultés de parler quand on est une femme (...)
Les études sont nombreuses à montrer que dans le milieu du travail, les femmes parlent moins, sont plus interrompues et voient leurs idées démontées plus durement (...)
Le résultat ? Les femmes restent en retrait. Ou elles donnent le mérite à d'autres personnes. Nos idées sont reprises par d'autres personnes ou n'aboutissent pas. Nous nous taisons, devenons moins créatives, moins actives. Nous nous replions sur nous-même, nous demandant si en fin de compte, ce n'est pas de notre faute, et nous rentrons dans une spirale d'auto-dévaluation.
Mais nous pouvons faire quelque chose pour arrêter ce cycle, nous les femmes, les hommes et même les patrons.

Admettre que nous sommes tous un peu sexistes, et chercher à corriger ça.
Vous pensez que vous êtes au dessus de ça ? Faites ce test (en anglais) (...)Ce ne sont pas seulement les hommes qui interrompent les femmes, ce sont les femmes aussi.

Etablissez une règle Anti-Kanye
Quand Glen Mazaeea remarqua que les scénaristes femmes parlaient peu dans sa salle de rédaction - ou que quand elles le faisaient, elles étaient interrompues, ou qu'on leur prenait leurs idées - il a institué une règle qui interdisait d'interrompre un scénariste qui faisait son pitch. "Et ça a marché, et plus tard il s'est rendu compte que toute l'équipe était devenue plus efficace", notent Sandberg et Grant.

Ne restez pas spectateur
Sérieusement, arrêtez les interrupteurs. Lancez-lui un regard, un coup de coude, ou simplement, dites-lui "attends, laisse-la finir" ou "Hé, je veux entendre que que Jess est en train de dire.(...)

Mettez en place une alliance avec un ami
Ou mieux, si vous êtes une femme, faites une alliance avec un ami homme. Demandez-lui d'avoir l'air intéressé quand vous parlez (si bien sûr, ça l’intéresse). Laissez-le vous soutenir pendant les réunions. Sérieusement, essayez. Ce n'est pas juste, non. Mais ça marche super bien.

Soutenez vos collègues (féminines)
Si vous entendez une idée d'une femme et qu'elle vous semble bonne, soutenez-la. Ça fera plus d'effet que vous le pensez, et les gens sauront que vous jouez collectif.

Attribuez les mérites aux bonnes personnes
Tout le monde veut avoir le crédit pour bonne idée. Mais les recherches montrent que donner les crédits à quelqu'un qui le mérite, est bénéfique pour votre image (autant que pour la personne qui a eu l'idée à la base).

Femmes : Pratiquez un langage corporel plein d'assurance
Asseyez-vous à la table, pointez quelqu'un du doigt, levez-vous, marchez depuis le fond de la salle, placez vos mains sur la table. Non seulement ces pauses vous transféreront plus d'autorité aux yeux des autres, mais elles augmenteront réellement votre niveau de testostérone - et donc votre confiance. (...)

Réappropriez-vous votre voix
Ne vous sabotez pas avec un "je ne suis pas sûre, mais..." Parlez avec autorité. Évitez la voix de bébé (l'autorité et le leadership sont souvent associés à une voix grave et masculine, pas à une voix douce et haut perchée). Et s'il vous plait, quoi que vous disiez, ne vous excusez pas avant de parler.

Encouragez des entreprises avec des femmes qui dirigent
Nous savons que les entreprises avec plus de femmes dans leur bureau de direction ont de meilleurs revenus et un meilleur retour sur investissement. Les équipes avec plus de diversité ont de meilleurs résultats aussi. Mais avoir plus de femmes au pouvoir peut en fait encourager les femmes à mettre leurs idées en avant. Dans une étude citée par Sandberg et Grant, les chercheurs ont regardé les employés d'une banque où les femmes représentaient 74% des superviseurs et 84% des employés de base. Surprise : Les femmes y avaient plus de chance de parler et d'être entendues.

Si tout tout cela rate, vous pouvez toujours apprendre à parler très très fort.

jeudi 31 octobre 2013

C'est fini

Pour des raisons personnelles, j'arrête ce blog. Il restera en ligne, cependant, vous n'aurez plus accès aux commentaires. Je continuerai à blogger ailleurs, sur d'autres sujets, sous d'autres pseudonymes. Il va mourir à petit feu, et dans deux ou trois ans, je pourrais le reprendre, sans doute.

Bref, la sorcière du logis vous embrasse très fort. D'ici une semaine, je mettrai la clé sous la porte.

vendredi 18 octobre 2013

Quelle est votre excuse ?

J'ai vu un truc qui m'a retournée. Une ex-miss qui fait son beurre sur le dos des mères. Cette fille se lève à 5h du matin pour faire du sport. Donc sa question est : si j'ai trois enfants et un corps de rêve, c'est quoi ton excuse ? Accusant implicitement les mères qui n'ont pas retrouvé la ligne d'être des feignantes. Bien sûr, levée de bouclier et elle répond qu'elle n'a jamais cherché à dénigrer les mères et que si on le pense, c'est que nous avons l'esprit tordu.
Soyons clair, si elle veut faire du fitness, c'est son droit le plus strict. Je comprend aussi que des mères désespèrent de retrouver leur corps d'avant. Ce serait injuste de ma part de dire que c'est pas si grave, qu'on doit s'affranchir du regard des autres. Quand on ne subit pas le regard des autres, c'est bien facile de dire que la beauté intérieur, blablabla (vous connaissez la suite).

Sauf que ce qu'elle avance est un mensonge : Il suffit pas de le vouloir pour le pouvoir. Les mères grosses sont pas des ramollies. Je rappelle qu'un enfant de 6 mois pèse dans les 10 kg et que donc, de facto, une mère, aussi grosse soit-elle, soulève toute la journée des altères.
Les mères grosses ont les excuses suivantes, aussi variées que : la génétique, des déséquilibres hormonaux, le manque de sommeil, le manque de temps et d'argent pour faire son programme de freak (elle se lève quand même à cinq heure du matin la fille, cinq heure du matin !)

Ah, oui, et puis bon, quand tout nous rappelle qu'on est gros, qu'on est moche, qu'on ne vaut rien, je doute que quiconque soit dans cette situation parce qu'il s'y complait. La discrimination que subit une personne en surpoids passe de l'absence pure et simple de fringues sympa, au chômage, en passant par les remarques permanentes qu'elles se tapent dès qu'elles passent la porte d'un médecin. J'ai vécu un mois complet avec une colloque en obésité morbide. On cuisinait ensemble, on faisait les courses ensemble et on mangeait ensemble. Elle a pas perdu un gramme, j'ai pas gagné un gramme. De quoi me rappeler que si j'étais comme j'étais, c'était certainement pas grâce à ma maitrise de moi ou d'autres bêtises du même genre. J'ai pas de recette miracle. Vraiment.


vendredi 11 octobre 2013

La France ne doit pas être le prochain pays condamné par la cours européenne



En France, aujourd'hui, une femme peut accoucher avec une sage-femme, chez elle. Cette sage-femme doit prendre une assurance responsabilité civile. Cette assurance est hors de portée. Le choix devient donc exercer et risquer la prison, ou arrêter d'assister les accouchements à domicile.
L'Etat doit se pencher sur ce problème. La Hongrie a déjà été condamnée pour une situation similaire. La France ne doit pas être la prochaine.

Vous pouvez agir quelque soit votre profile :


jeudi 3 octobre 2013

4 privet drive, dans le placard sous l'escalier

Les adolescents LGBT ont plus de chances de se suicider que les autres adolescents (entre 7 et 13 fois plus, oui, c'est assez énorme).
Donc, logiquement, certains pensent que le fait d'être suicidaire est un trait de l'homosexualité. Ou encore que d'horribles homophobes poussent consciemment des gens à se suicider.
La réponse est un peu plus simple, pour cela, je vous invite à rentrer dans un placard et écouter ce qui se passe dans la tête d'un adolescent qui éprouve de l'attirance pour le même sexe, ou qui pense ne pas avoir le sexe qui lui correspond.

Si ils (mes parents, mes amis, le chien, ...) savaient ce que je suis, ils ne m'aimeraient pas
///
Je dois être le seul taré à avoir ce genre de pensées
///
Est-ce que je suis un vrai homme si je suis attiré par des hommes ? / Est-ce que je suis une vraie femme si je suis attirée par des femmes ?
///
Seuls les dégénérés ont ce genre de pensées. Donc je suis un dégénéré.
///
Je voudrais tellement construire une famille, est ce que ce sera possible ?
///
Si quelqu'un l'apprenait ? Ça doit se voir... Ça arrivera forcément.
///
Dieu ne m'aime pas
///
Si je pries assez, que je suis une bonne personne, je n'aurai plus ces pensées (quelques mois plus tard) J'ai encore eu ces pensées, je ne suis pas assez pur (quelques mois plus tard) Dieu ne répond pas à mes prières, il ne doit pas m'aimer.

Je n'ai jamais envisagé de me suicider. Mais j'ai eu chacune de ces pensées à un moment de ma vie. Chacune. Dont la première, qui me vient encore régulièrement. Quand on apprend à un adolescent que tout ce qui n'est pas hétérosexuel est haïssable, on lui donne les outils pour se détester, vivre dans la peur et la honte.

J'essaye très fort de grandir.
S'il vous plait, ne me marchez pas dessus.
Signé : La pelouse de BYU

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...