mardi 26 avril 2011

Depression Post Partum

 Illustration d'Hellen Marsh pour "gérer la depression postnatale : le point de vue de l'évangile"


Lorsque le tribouillours est née, j'ai eu des premiers mois assez compliqués. Pour commencer j'ai eu une infection. Cette infection, j'ai mis du temps à accepter de la reconnaitre. Je m'obstinais à penser qu'il était normal que je sois fatiguée après un accouchement. Mais le temps passait, et je n'avais plus la force de porter mon enfant. Je me rappelle qu'à la fin, je ne pouvais même plus le soulever pour l'allaiter. Quand j'ai enfin consulté un médecin (et qu'il a enfin trouvé le bon diagnostique), j'ai été hospitalisée d'urgence.
Une fois guérie, j'ai découvert qu'on pouvait éprouver de la joie dans des gestes quotidien comme changer une couche (sisi), donner un bain.
Là est arrivé la deuxième épreuve. ça a commencé doucement. Tout d'un coup, une angoisse me prenait, puis repartait comme elle était venue. C'était la sensation physique que vous auriez si on vous apprenait le décès de la personne que vous aimez. Sauf que ça arrivait quand je marchais dans la rue, ou que je mangeais un yahourt. C'est là que j'ai compris que cette sensation était purement physique. Je faisais bien la différence entre mes sentiments et mes sensations.
Puis les angoisses ont commencé à se multiplier, à durer plus longtemps. Il a été de plus en plus dur de faire la différence entre ces signaux que mon corps m'envoyaient, et les émotions que j'avais. A cette époque de ma vie j'ai appris une grande leçon : La dépression est une maladie. Aucune volonté ne peut la faire partir. Il ne suffit pas de se changer les idées. J'ai eu de la chance, l'évolution a été tellement stupéfiante que j'ai compris qu'il fallait que j'en parle à ma sage femme. J'ai eu encore plus de chance : peu de temps avant j'avais étudié et même donné en leçon à la société de secours l'excellent article "Gérer la dépression postnatale : point de vue de l'évangile" dans le Liahona d'aout 2009. Mon mari avait également lu cet article, c'est pourquoi il guettait les symptômes depuis bien longtemps.


Je vous cite une partie qui parle de ce que le mari peut faire pour aider sa femme dans ces moments :



• Prendre en main les tâches ménagères et le soin des
autres enfants.
• Limiter le nombre de visiteurs afin de créer une
atmosphère paisible. (Cependant, pour certaines
femmes, recevoir des visites peut aider à atténuer
les symptômes de la dépression).
• Aider la mère à se reposer suffisamment, à se
nourrir convenablement et à faire de l’exercice.
• Aider à prendre soin du nouveau-né.
• S’informer concernant la dépression postnatale.
• Donner des bénédictions de prêtrise si besoin est.
• Être présent – écouter, manifester de la sollicitude et
simplement être avec elle. En la prenant dans ses bras,
une conversation réconfortante peut se résumer à une
seule phrase : « Cela doit être très difficile pour toi ».
• Encourager la jeune mère à se faire aider par un
psychothérapeute si nécessaire.

 Mon premier pas a donc été d'en parler à ma sage femme. Qui a su m'orienter et m'aider. Je chérie cette expérience qui m'a sortie de mon aveuglement : la personne dépressive est malade au même titre que la personne cancéreuse. Elle n'est pas faible, elle ne manque pas juste de foi, elle est juste malade. Je vous invite à lire cet article, que vous soyez mère ou pas. Vous serez peut être un jour dans ce cas, ou croiserez la route de quelqu'un qui traverse cette épreuve sans aide. Et si la religion n'est pas votre tasse de thé, internet regorge de documentation. Informez vous. Si vous êtes préparé, vous de craindrez pas.

4 commentaires:

  1. c'est très bien décrit comme sensation, c'est vrai que c'est assez physique... et surprenant. Bon, je lis pas l'article parce que je suis pas trop portée (pas du tout même) sur la religion... et surtout parce que maintenant, tout ça, c'est derrière moi... jusqu'à la prochaine fois :-)

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  2. :) jusqu'à la prochaine fois. Avoir des enfant c'est un perpetuel (enfin dans une certaine limite) recommencement : "ha, c'est bon, il sait manger tout seul, un peu de repos" jusqu'à la prchaine fois XD tu as raison.

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  3. je te cite : " La dépression est une maladie. Aucune volonté ne peut la faire partir. "
    En fait, étant passée professionnelle dans la dépression, looool, sauf post-partum, bizarrement... bref !
    C'est vrai que c'est une maladie, pour moi c'est comme un cancer... Quand on est en plein dedans, aucune volonté ne peut la faire partir... et puis un jour, un rayon de soleil illumine tout ça, et on s'apperçois qu'on est en dépression ! Oui, parce que quand on est en plein dedans, on le sais pas (puisqu'on le nie !).. et là 2 choix s'offrent à nous : on continue, ou on arrête !
    Et là je peux dire que la volonté vient vraiment à bout ! Je l'ai fait, je me vante pas en le disant, mais j'en suis sortie toute seule de pas mal.. Et quand j'ai vu que toute seule j'y arriverai pas, je me suis faite aider..
    Merci pour cet article en tout cas, comme tout le reste de ton blog, je suis trop fan ! :) Et au passage, encore merci pour tes dessin, encore plus fan là !!!! ^^

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    1. Merci pour ce témoignage. C'est un sujet super sensible parce qu'après t'as l'étiquette "dépressif". J'aime bien ta description du rayon de soleil. C'est exactement ça. Quand on est dedans on le voit pas. Depuis cet article j'ai eu un autre épisode, du coup je peux plussoyer pour toi : Oui, dans certains cas on peut s'en sortir tous seuls, et dans d'autres non. Tu as entièrement raison :)

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