vendredi 1 avril 2011

St petersbourg

La première chose différente que j'ai noté à St Petersbourg, ce sont les voitures. Elles sont sales de la roue au rétroviseur, parfois jusqu'au sommet. Une couche de poussière noire qui recouvre quasiment toutes les voitures. Et pas seulement les voitures les plus modestes. Les énormes 4x4 rutilants et les belles voitures aussi. Il y a une sorte de paradoxe dans cette ville, un paradoxe qu'on observe encore mieux quand on est au centre ville. En attendant de trouver un appartement, l'entreprise nous a logé à l’hôtel. Autant le dire tout de suite, c'est le grand luxe. Un appartement cosy et sympa, le temps de trouver le logement définitif. Quand nous sommes arrivés, je me suis dis que je demandais certainement beaucoup en voulant vivre avec les standards français : eau, électricité, chauffage et pas trop de cafard. Nous sommes donc parti avec la personne que l'entreprise nous avait envoyée pour visiter leur sélection d'appartement. Nous arrivons dans une grande rue passante, gros bâtiments, une flaque de 30 cm de profondeur juste devant la porte, impossible de rentrer autrement qu'en longeant le mur et en enjambant cette ornière. La dame ouvre la porte, on dirait l'intérieur d'un immeuble du vieux Toulouse en très glauque. Des peintures qui tombent en lambeaux, des tuyaux qui courent sur les mur au hasard, une lumière incertaine, nous montons au premier étage. Porte immense avec double fond. Et là... Je tire une tronche, je me sens super mal : 6m sous plafond, du parquet bois massif, du mobilier d'antiquaire. C'est pas compliqué, j'avais l'impression d'être dans un de ces châteaux de Blois où on a reconstitué le cabinet privée de monsieur le duc. Une cuisine immense, tout équipée, salon, salle de bain neuve, chambre de 25m². Je me dis qu'il doit y avoir une erreur, ça c'est l'entrée, où est la chambre où nous vivrons ? Mon mari demande en Russe. Non, il n'y a pas d'erreur. La dame inquiète demande si ça nous plaît. Mon mari répond que c'est fantastique, nous allons voir le deuxième appartement. Nous rentrons sous un porche, encore sonné de ce qu'on vient de nous présenter. Une allée entourée de deux rangées d'immeubles. Des tas de planche jonchent le sol près des murs. Nous remarquons des colonnes en métal accrochés au mur au dessus des entrées. On dirait un bricolage qui va du premier étage au dernier. Un tube de planche « scotché » avec de la tôle sur le bâtiments existants. Nous rentrons, on nous fait alors rentré dans un placard. Ces tubes sont donc des ascenseurs. On nous conduit devant une grande porte en métal, peinte avec une peinture nacrée, les grandes traînées brunes qui scintillent font penser à du bois. La porte s'ouvre. Et là je ne pourrais même pas vous dire à quoi ça me fait penser, parce que je n'ai jamais vu ça de ma vie. On aurait dit qu'un artiste fou avait réalisé l’œuvre de sa vie dans cet appartement. Les murs sont sculptés, recouverts d'un crépis et d'une peinture nacrée qui scintille dans les tons bleu vert. Dans la salle à manger, une fille et son parapluie sont sculptés en bas relief, le luminaire incrusté diffuse sa lumière sous le parapluie, où -détail frappant- le mur est exceptionnellement pas enduit de crépis, mais quand même nacré. Dans le couloir, un tableau de deux mètres sur un mètre, entièrement incrusté dans le mur, représente des fées (j'avoue que je ne me rappelle plus tant cet appart était saturant), et ressort sur dix bon centimètres. La chambre doit faire dans les 50m², et possède un écran plat monstrueusement grand. Pour mon mari, le truc final, qui l'a achevé, c'est les lumières qui changent de couleur dans la baignoire géante. Une petite note aussi pour le faux feu de cheminé. Une fausse cheminée bien sure, dans le même style que le reste, avec un petit écran où crépite un feu. C'est un sortant que mon mari m'a dit « le feu ? Aucun danger pour notre fils, j'ai regardé, il est faux ! »

On nous dira peut être que nous avons été bêtes de refuser ces logements hors de nos prétention juste parce que c'était trop pour nous. Vous verriez là où on est maintenant, vous ne nous plaindriez pas quand même. On est passé au standard en dessous, mais on vit quand même comme de riches expatriés.

Sinon grosse différence : l'eau. Non non, elle n'est pas potable, je sais pas si les russes la boivent, mais nous on nous a formellement interdit, sous peine de graves problème, du simple mal au ventre au saturnisme, entre les bactéries, les parasites et les métaux lourds de l'eau de la Neva, on est pas sortie. J'y croyais moyen, je me disais "ah, mais qu'on est difficile, nous les Français, des petites natures!!!" Et puis j'ai pris ma première douche. J'ai pris une photo rien que pour vous montrer, je vous jure, je n'ai pas retouchée la couleur...

Eau pas potable de St Petersbourg

Bref, on a acheté une bouteille de 5 litres d'eau et on a scrupuleusement suivi les conseils de ceux qui nous disaient de même nous brosser les dents à l'eau minérale.


Un autre détail marquant quand on est au centre ville : La place du français. Non seulement il y a des noms carrément français, mais en s'entrainant à lire le cyrillique on a des petites surprises. Je vous montre une photo que j'ai prise sur l'équivalent des champs Élysée.

Les russes francophiles

Et enfin pour ceux qui se poseraient la question sur la température. Oui il fait froid, mais on croise quand même des gens qui portent une simple chemise sous un manteau sans plus, alors que nous on se les pèles avec nos vêtements d'hivers. Pour nous 0°C c'est le plein hiver, eux c'est le beau temps qui arrive. Il neigeait quand nous sommes arrivés. Et lors de notre escale en pays Letton nous avons quelque peu refroidie en apercevant la mer gelée du hublot :


Allez, dasvidania les petits clous. N'allez pas croire que nous soyons malheureux pourtant. C'est une grande aventure et les personnes que nous avons croisé étaient très chaleureux.

2 commentaires:

  1. Moi qui ai du mal à caser mes meubles en trop dans mon nouveau chez moi,je t'envie pour les grands espaces, après le reste ne me tente pas vraiment... Vous restez là-bas longtemps ?

    RépondreSupprimer
  2. Environs six mois. Oui j'ai vu que tu avais un piano... çz demande de l'espace rien que pour le son (beaucoup plus que juste pour caser le matériel ^^)

    RépondreSupprimer

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...