mardi 22 novembre 2011

Les médecins et moi (bis répétita)

[Mode racontage de vie ON]


Je vous ai pas raconté le jour où je me suis prise pour un porte monnaie.

Tout à commencé je ne sais toujours pas quand, ni comment, mais ça a fini au service des urgences gynéco du CHU de Nantes. Ceux qui commencent à me connaitre savent que j'attends de vraiment plus pouvoir faire autrement avant d'aller consulter un médecin. J'ai tendance à croire que je chipote. Et cette fois-ci j'avais cru que je chipotais jusqu'à ne plus pouvoir marcher ou même prendre mon nouveau né dans mes bras. Je revois encore le médecin palper mon ventre.

-ça vous fait mal là ?
-Ouiiiii
-Pourtant il n'y a aucun réflexe de défense, à peine des ganglions. Bon, on va faire une prise de sang histoire de voir si il y a une infection, et puis on se revoit dans une semaine si vous allez pas mieux.

Six heures plus tard, appel paniqué du médecin : Il venait de recevoir les résultats du labo, on avait très peu de temps pour trouver de quoi il s'agissait. Genre très peu de temps avant ce soir. Il a essayé de comprendre ce brave médecin, mais comme aucun des examen qu'il m'a envoyé faire en urgence ne montrait rien, et que j'étais venue pour des douleurs au ventre et des pertes importantes (comprendre truc dégeu de fille pour les mecs qui passent par là), il m'a envoyé aux urgences gynéco. C'est là que j'ai assisté à Docteur House en vrai. C'était moi la patiente.

Bonne nouvelle : ils savaient où c'était, mais pas ce que c'était. Mon utérus était en train de foutre le camp. Alors Docteur House a décidé que ne sachant pas ce que c'était, on allait frapper partout et très fort. Ils m'ont collé sous antibiotique : les quatre les plus utilisés, et les plus dosés, directement sous perfusion. Et comme il fallait faire tomber la fièvre, paracétamol. Bref, on savait pas quelle sale bête il y avait, mais on allait la butter. Et puis on arrêterait un par un, on verrait bien c'est lequel qui marchait. Ensuite ils ont passé trois jours à venir me voir toutes les trois heures pour constater que la température était remontée, et me redonner du paracétamol. J'ai sué, grelotté, chauffé, entendu le "ahhh mais elle est revenue cette saleté de fièvre" navré de l’infirmière, resué, etc. toute les trois heures jusqu'à ce qu'ils découvrent qu'il fallait m'ouvrir le bide pour finir le nettoyage que les anti-bio avaient commencé.

Mais c'est pas ça le plus marrant. Vous savez ce que c'est un effet indésirable ? C'est ce qu'on voudrait ne jamais avoir lu avant de prendre un médicament. Alors imaginez ce que donnent quatre trucs super costauds... J'ai commencé à avoir des hallucinations. Des trucs super glauques, horribles qui ne disparaissaient pas même quand je fermais les yeux. Jusqu'à cette nuit, où je suis devenu un porte-monnaie. Parfaitement. J'étais un porte-monnaie, malade. On venait me dire qu'il y avait un traitement qui consistait à enlever mes bas de contention. Oui, bon, j'étais un porte-monnaie avec des bas de contentions. Bref, à trois heure du matin j'ai enlevé ces foutus bas (anecdote à part : ils s'étaient trompé de taille, ils étaient trop petit... Ils s'en sont aperçu le jour de mon départ. Bas de contention + trop petit = tu m'étonnes que mon inconscient me demande de les enlever). C'est en enlevant le deuxième que j'ai commencé à prendre conscience que je n'étais pas un porte-monnaie et que j'allais devoir rappeler cette infirmière qui n'était jamais venue m'annoncer la bonne nouvelle, pour qu'elle m'aide à les remettre. Et puis qu'elle m'amène aussi mon fils qui pleurait dans son berceau et qui était trop loin pour que je l'attrape sans mon fauteuil roulant.

L’infirmière est venu, m'a expliqué que mon fils n'était pas là, et s'est demandé comment j'avais réussi à enlever ce que toutes les deux on arrivait pas à remettre. Je crois que c'est le lendemain que j'ai limite agressé l’infirmière qui passait pour la surveillance de l'évolution. Elle a été d'une patience exemplaire.

Ils ont jamais su comment j'avais choppé ça. Et hier j'avais pris rendez-vous parce que ça fait un mois que je vois les mêmes symptômes revenir, dans le même ordre. Mais je me dis que je chipote. La consultation s'est passée comme ça :

-ça vous fait mal là ?
-Ouiiiii
-Pourtant il n'y a aucun réflexe de défense, à peine des ganglions. Bon, on va faire une prise de sang histoire de voir si il y a une infection, et puis on se revoit dans une semaine si vous allez pas mieux.

Là ça fait 24h, personne ne m'a appelé en panique et ça me rassure à moitié. De l'autre côté j'ai quand même mal à ce que je sais maintenant être l'utérus (il y a des petites cicatrices pour me rappeler l'emplacement exact) et tout ce qui va avec. ça me saoule.


[Mode racontage de vie OFF]

Mais en même temps, sérieusement, ils peuvent faire quoi d'autre les médecins, hein ? Va falloir que j'arrête de leur en vouloir de faire simplement leur job.

3 commentaires:

  1. où de ne pas savoir...

    Dis-moi, ils auraient pas oublié kek chose dans ton ventre pour que ça s'infecte comme ça?

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  2. t'inquiete dragy... Moi je m'inquiete pas, je râle seulement

    Marietoune : Faut voir, échographie en attente dans toute la batterie d'examen.

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