mardi 22 novembre 2011

Les médecins et moi (bis)

J'avais seize ans et un petit copain. Comme il était de bon aloi à l'époque (lycée), nous nous bavions dessus à longueur de journée, comme la moitié des élèves en couple, malgré les interdictions de la CPE anti-bizoux. Ce petit copain a un jour chopé la mononucléose, maladie portant le doux surnom de la maladie du baiser, qui est assez épuisante. Un beau matin il a disparu du lycée et j'ai appris rapidement de quel mal il souffrait. J'étais déjà pas bien, et rapidement j'ai moi aussi commencé à présenter quelques symptômes. Ma mère -étant rappelons-le mère de pas moins de sept enfants- nous amenait chez le médecin qu'après avoir testé les bienfaits du "ça va passer" et "tiens voilà du smecta". C'est donc à l'état de loque qu'elle m'emmena finalement chez notre médecin traitant.

J'essayais subtilement d'introduire le sujet de la mononucléose, évoquant des cas dans la classe et un pot d'anniversaire (j'avais entendu dire qu'on pouvait chopper cette cochonnerie en buvant dans le même verre qu'une personne malade). Mais notre bonne médecin me rassurait en me disant que c'était une bête angine, qu'elle en voyait beaucoup en ce moment. Et moi je fulminais, mais non, c'est la mononucléose vous-dis-je !
Que dalle. Ma mère dans le cabinet je ne pouvais pas taper du poing en m'exclamant "mais je vous dis que j'ai passé la dernière semaine scotchée comme une ventouse à Jeff-mon-nouveau-petit-copain qui gît à cette heure terrassé par une mononucléose !" Je suis donc repartie avec une ordonnance pour une angine. Ma mère, adepte des huiles essentielles a complété mon traitement avec enthousiasme "Allez ma fille, demain tu retournes à l'école !"

Mes amis, trop trouillarde pour avouer que j'avais un petit ami, j'ai supportée piteuse ma descente aux enfers seule. Je n'ai perdu connaissance d'épuisement que deux fois, et je n'ai souhaité mourir qu'une fois. Et puis j'ai guéri. Je suis retournée à l'école la semaine d'après et j'ai trainé un air maladif pendant un bon mois. Je vous jure que dans ma tête d'ado je pensais avoir frôlé la mort. Et je vous jure que dans ma tête d'adulte qui a eu un rôle dans un épisode de Docteur House au CHU de Nantes, je dirais que cet épisode qui a fait flipper tout le monde était cool à côté de ma honteuse mononucléose baveuse...

PS: Maman, si tu passes par là, sache donc que les ados sont d'affreux menteurs, que tes fils passent certainement leur journées eux aussi à baver dans un coin obscure avec une copine (deuxième étage, recoin juste après les escaliers A, poste stratégique) et que la CPE anti-bizoux n'est autre que la très blonde CPE qui a son bureau à côté du self !
(pour ceux qui ne comprennent rien, ma mère est désormais prof dans ce même lycée où j'ai passé ma très légère adolescence, et où mes frères passent maintenant leur très légère adolescence)

5 commentaires:

  1. Je me souviens tres bien de ton épisode mononucléose loooooooooooooooooool quelle souvenirs tu me remet en mémoire la, je suis en train de retomber en adolescence ;)

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  2. C'était surtout pas très normal que le médecin ne fasse pas sortir ta mère au moins quelques minutes...

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  3. @ Deb... J'ai l'impression que ça fait une éternité.

    @ Cultive ton jardin... Oui, je le savais pas à l'époque. Dommage. Enfin, même si je le savais, mettre ma mère dehors aurait été presque aussi délicat pour moi XD

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  4. Rhoooo, ma mononucluéose, quel souvenir!!!!! Epuisée, éreintée, crevée... mais le pire de tout, c'est que j'ai jamais su comment je l'avais chopée, et que mon copain ne l'a pas eue, lui :-( Purée, la honte!!!

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  5. Haha ! Ma pauvre, c'est trop nul comme réaction. Boire à la bouteille, dans le verre d'un autre, arbitrer un match avec un sifflet... Il y a plein de moyens. Moi c'est tout le contraire, j'ai même pas pensé que mon petit ami l'avait bien chopée quelque part, j'étais peut être un peu naïve :P

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