jeudi 8 mars 2012

Journée de la femme

Ce serait bête de ne rien dire aujourd'hui sur le sujet. J'ai pas le texte anti-feministe sous la main, pas de suite aujourd'hui donc. Je peux cependant bruler quelques étapes et vous révéler la fin de mon raisonnement: Après avoir cogité, fouillé, utilisé les méthodes que j'utilise traditionnellement en management de la qualité, je suis arrivé à la conclusion suivante : Le féminisme est une affaire individuelle. Nous ne pouvons pas changer les autres. La seule chose que nous pouvons changer, c'est nous même. Et la seule chose que je veux pour moi même c'est faire ce que je veux.

Être une vraie féministe, ce n'est pas défiler dans la rue, animer de longs débats, revendiquer encore et toujours. Je ne sais pas si je dois me définir en tant qu'anti-féministe en ce sens. Peut être que le mot adéquat serait égo-féministe. La féministe qui ne s’intéresse qu'à elle. Alors aujourd'hui je vais vous dire quels sont mes égo-actions pour mon égo-féminisme.

1) Je me suis mariée avec le meilleur partenaire qui soit. Celui qui a été père au foyer pendant 5 mois pendant que je finissais mon master en management. Comme dit Sheryl Sandberg, le choix de carrière le plus important, est celui du mari. (Cette fille est vraiment mon modèle... Alors vous allez dire que je suis bien orgueilleuse de vouloir ressembler à la cinquième femme la plus puissante du monde. J'ai pas de réponse)

2) J'aime mon corps et je m'interdis la lecture des magasines féminins qui me le font systématiquement détester. J'aime mes vergetures, mes seins de mère, ma cellulite, mes poils. Je ne les tolère pas, je les aime.

3) Je revendique pour moi même le goût pour ces choses mièvres que sont la littérature de midinette, la cuisine (super quiche power... Oui je sais, je suis la reine des nouilles comme dirait Emma), la couture, les arts manuels, la danse classique et contemporaine. Je suis une fille. Ça veut pas dire que j'aime forcément le rose, mais ça veut aussi dire que l'aimer n'est pas ridicule. La féminité n'est pas ridicule. Pourquoi passer du temps à jouer sur ma-bimbo, serait plus ridicule que passer du temps à jouer à Call of Duty ? Je me fous que ce soit un stéréotype.

4) Je revendique pour moi même que ma maternité est quelque chose de plus important que ma carrière. Mes deux master ne changeront rien.

5) Et enfin, je n'ai pas peur de lancer mon entreprise. (Par contre, arrêtez de me demander où j'en suis. Là je suis en plein déménagement, j'ai pas vraiment le temps de me taper 150 pages de législation européenne, stade auquel je suis pour le moment bloquée, donc c'est toujours work in progress).

Voilà, en gros mon égo féminisme aujourd'hui c'est : Je suis une fille poilue qui joue à Ma-bimbo, ne cherche pas d'emploi pour travailler à côté de mon fils et rêve de devenir le maître (pardons la maîtresse) du monde. Ouai, et je fais des cartons aussi.

Sinon, mais je ne voulais pas vous infliger ça:  Mon dernier texte de Potterfiction. Un One Shot dans le jargon. Seulement les volontaires hein... lire la suite quoi si vous avez envie de lire mon dernier trip, écrit à 22h dans un moment d'égarement.

Réponse au concours de maisons.poudlard.org 

Sujet : "L'amour frappe sans prévenir, sans distinction, sans préavis. Il n'y a pas de couples inédits, il n'y a que des êtres qui s'attirent mais que tout repousse. En voici un..."

Note préalable : C'est pas vraiment mon style habituel, c'est plutôt épuré en fait et pas franchement gai. Je n'aurais pas pu écrire ce One Shot autrement, la folie de Bella est suffisante pour remplir tout l'espace. A ce moment, je me fiche de la luxuriance du décors, des expressions et des pensées intimes des protagonistes. Bellatrix pense avec ses terminaisons nerveuses. Je trouve ce One Shot hyper malsain, la façon épurée de l'écrire était ma manière de transmettre le froid glacé que ça évoque pour moi. Ça suinte pas, c'est juste glaciale. Pour ceux qui ne connaissent pas Harry Potter dans le détail, Régulus Black est le frère de Sirius Black. Il a été mangemort très jeune avant de changer de bord, révolté par les expérimentations que Lord Voldemort a fait sur son elfe de maison, Kreature. C'est en tentant de détruire un des Horcruxes qu'il se noie, attaqué par les inferis, des créatures aquatiques, placés pour protéger l'Horcruxe. Il avait alors dix huit ans. Et Bellatrix Lestrange c'est... ben la cinglée jouée par Bonham Carter (). Ils sont pas ensembles dans les bouquins, hein.

Pour ce concours j'ai vu un Luna Lovegood et Voldemort, un Maugrey Fol Oeil et Dolores Ombrage ou encore un drago malefoy et ginny weasley... Le pairing c'est le mal ^^


 J'ai un peu un morceau en tête pour chaque truc que j'écris. 
Pour celui là c'est Secret d'Emilie Simon

Kalb Al Assad, de l'arabe "Coeur du Lion"
 
12 Square Grimmaurd, Londres, 18 mars 1977

-Tu es mon cousin, tu sais ce que ça signifie ? Dit-elle en soufflant presque ces mots sur ma joue.
-Non, ce n'est pas un inceste, répondis-je sans me démonter. C'est le première degré de parenté toléré.
-Vraiment ? Et le fait que j'ai dix ans de plus que toi ? Tu ne trouves pas ça un brin malsain ?

Ses lèvres affichaient cette moue perpétuelle. Un sourcil plus haut que l'autre et l'accent de celle pour qui rien n'a d'importance. Bellatrix, ma Bella guerrière, un doigt accusateur posé sur mon torse.

-Tu n'as pas besoin de tous ces arguments. Tu peux juste me dire que tu préfères Rodulphus. Je sais que je n'ai que seize ans. Tu aurais pu tout simplement commencer par ça.

Bellatrix se retourna.

-Rodolphus, Regulus, Regulus, Rodolphus... Tiens, ça sonne pareil.

Sa voix chantait, traînante, grave. Bellatrix s'en foutait, elle s'en foutait royalement.






*
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Bella, je dois te dire quelque chose. Bella, je n'aurai pas le temps.





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Manoir Malefoy, 26 décembre 1977

-Alors cousin, ça picote ? Dit Rodolphus en souriant de son sourire de dément. Son rire me déchire, m’écartèle et mon bras me brûle comme un feu des enfers. Je crois que je vais vomir.

Il se tourne vers sa femme.
-Bella, je dois filer, j'ai un rendez-vous avec Rabastan pour le truc dont je t'avais parlé. Tu m'accompagnes ?

Je me barre, j'ai besoin de m'allonger, tout de suite, avant de tourner de l’œil devant tout le monde. Plus que quelques mètres. J'entends à peine la réponse de ma cousine. Je n'avais même pas demandé qu'elle assiste à mon allégeance au Seigneur Voldemort. Qu'elle s'en aille. Il faut que je trouve une chaise, n'importe quoi, un pan de mur même. Le salon des Malefoy est grand. Je sors, pousse la porte, presse le pas. J'ai l'impression de m'effacer par le haut. Je me cale contre le mur froid du couloir. Il est quand même plus chaud que la vague glacée qui me parcourt. Je peux bien m'évanouir, ça m'est égal. Que ça s'arrête, c'est tout ce que je demande.

La porte du salon que je viens de quitter s'ouvre à la volée. Bellatrix se retourne, elle crie à son mari :

-Deux secondes, j'ai juste un truc à dire à Regulus avant de partir.

-Tu as quelque chose à rajouter ? Genre « surtout tu grattes pas avant que ça ait fini de saigner »... dis-je en ricanant.

Elle me regarde froidement. Cette désagréable manière de se tenir à deux centimètres de ses interlocuteurs. J'aimerais pouvoir lui dire quelque chose de bien senti, sarcastique, mais j'ai l'impression d'avoir deux neurones. La souffrance peut-être.

Elle pose ses lèvres sur les miennes. Merlin, un nouveau feu, mais pas dans mon bras cette fois. Les dix secondes les plus longues de mon existence.

-Je t'aime, chuchote-t-elle.

Elle fait demi-tour, ne laissant que le goût de sa salive dans la bouche, le parfum de ses cheveux dans l'air, un nœud au fond de la poitrine et un autre dans le ventre. Et toujours, cette horrible douleur dans l'avant-bras.




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* *


Le froid s'insinue dans mes poumons.




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Square Grimmaurd, devant l'appartement 10, 29 décembre 1977

-Est-ce que tu aimes Rodolphus ?

-Là, tout de suite ? Non, répondit-elle sans me regarder.

-Pourquoi tu l'as épousé ?

-On s'entend bien.

-Tu savais que Regulus est une des étoiles les plus lumineuses d'Orion ? Dis-je pour changer de sujet.

-Et que Bellatrix est plus brillante que Regulus et qu'on la considère à tord comme faisant partie d'Orion...

-Mince. J'imagine que le fait que les arabes appellent Regulus "Kalb Al Assad", soit par interprétation "Cœur du Lion", ne t'impressionne pas non plus.

-Pouah, un nom de Griffondor, dit-elle en plissant le nez.

Des flocons commencent à tomber. Le ciel est blanc. Bellatrix n'aime pas Rodolphus et moi je suis juste complètement perdu. Je n'ai pas envie de devenir l'amant d'une femme mariée.





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Il n'y a plus d'air, que de l'eau, mais je continue de respirer.





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7 Maiden Line, Londres, 2 janvier 1979

-Je ne peux pas continuer de soutenir un homme qui est aussi indifférent à la souffrance des gens de son propre camp, dis-je.

La lumière grise d'une fin d'après-midi pluvieuse éclaire faiblement ma chambre. Je remonte la couverture sur les épaules blanches de Bellatrix.

-Tu as conscience de ce que ça implique ? Tu sais ce que je devrais faire ? Regulus, je suis le fléau, le bras armé de Lord Voldemort. Et c'est à moi que tu dis ça ?

-Je sais.

-Je devrais te tuer, dit-elle entre ses dents. Dis-moi s'il te plaît que c'est ce traître à son sang de Sirius qui est derrière ces idées stupides ?

-Si tu avais entendu ce que Kreature a enduré, tu ne dirais pas cela.

-C'est un elfe de maison Regulus ! Un elfe de maison !

Sa voix tremble, elle crie presque. Elle s'est redressée sur ses coudes.

-S'il-te-plaît, ne fais rien de stupide. Dit-elle avant de m'embrasser de ces baisers sans âme: les yeux grands ouverts, elle vous fusille du regard pendant que sa bouche s'écrase sur les vôtres.

Je l'attrape par les épaules, l'éloigne pour mieux la regarder.

-Ma décision est prise.

Elle saute presque du lit, attrape ses vêtements qu'elle enfile rageusement.

-Tu es fou Regulus. As-tu la moindre idée de ce que ta mère dira ? As-tu la moindre idée de ce qu'Il fera à ta famille -à ma famille- s'Il l'apprend ? Hurle-t-elle.

Ma petite chambre sous les toits n'est pas suffisamment grande pour contenir autant de rage. Sa voix sature l'air. La porte claque. Elle est partie.





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* *


Ils sont légions. Je n'ai aucune chance Bella.





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* *


King Cross, Londres, 9 décembre 1978

-Ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vus.

-Oui. Rodolphus pourrait devenir méfiant.

-Tu plaisantes ? Pourquoi se méfierait-il de mon cousin de dix-huit ans à peine. Des cousins, ce serait tellement glauque, dit-elle avec son sourire carnassier. Tu es presque mon petit frère pour lui.

-Tu es cinglée Bella.

-Merci.

-Si tu as besoin de dire qu'il y a quelque chose d'illégal dans tout ça, tu as juste à te dire que c'est un adultère.

-Tellement commun l'adultère. Il n'y a rien d'amusant là-dedans. Je préfère penser que tu es mon petit frère.

Je hausse les épaules. Elle est vraiment bizarre.

-Mais tu es toujours là, j'imagine que ça signifie que tu as renoncé à tes idées stupides, reprend-t-elle.

Je me tais. Le vent emporte en bourrasques les feuilles mortes de Londres et ses cheveux en minces filets dansant autour de son visage. Je me tais et elle se tait.





*
* *


Les inferis sont l’œuvre de ton maître et les artisans de ma mort. Tu m'avais prévenu et je ne regrette pas de t'avoir ignorée. Adieu Bellatrix. Je t'ai dit tant de fois que je t'aime que j'imagine que ne pas te le dire une dernière fois ne changera rien.





*
* *


Manoir Lestranges, 22 mai 1979

Le corps de son bien aimé flotte dans une eau trouble. La lumière caresse son visage, ses cheveux noirs flottent dans les lents remous des profondeurs. Lentement, la silhouette de Regulus tombe, sans opposer de résistance.

Bellatrix se réveille en sursaut.

Les draps sont froids et vides à côté d'elle. Rodolphus est en mission cette nuit et pas elle. Qu'aurait-il pensé du prénom Regulus hurlé en pleine nuit au milieu de sanglots et de tremblements. Ça fait deux semaines. Deux semaines que personne ne l'a vu ni ne sait où il est. Et il y a ce cauchemar, toujours le même, ce stupide et putride cauchemar sans queue ni tête.

5 commentaires:

  1. C'est étrange, tu refuses de lire les magazines qui donnent une idée erronée d'un idéal féminin, mais tu joues à ma-bimbo où il faut faire attention à sa ligne et devenir la plus populaire... je suis perdu :)

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  2. Je prends ma-bimbo comme un jeu de poupée. C'est un dessin, j'ai jamais eu de sentiments négatifs vis-à-vis de moi en y jouant. Par contre il suffit que j'ouvre un magazine genre Biba, et je suis sûre qu'au prochain passage devant la glace je me dirais que j'ai vraiment une sale tête, des jambes trop ceci, un ventre trop cela, qu'il faut absolument que je m'achète un nouveau vernis, une nouvelle ombre à paupière, une crème hydratante, etc. C'est aussi simple que ça. Je peux pas lutter contre ça. Même si je commence ma lecture en me disant que c'est n'importe quoi, c'est systématique.

    A la base ma-bimbo était marketé pour les hommes (tu as une bimbo, tu lui fait de la chirurgie esthétique, etc.) puis ils on vu que ça plaisait plus aux filles :P

    Alors je peux essayer de me justifier : 1) Le phénomène de mode est très intéressant à observer, il y a une réelle dynamique complètement auto alimentée et j'aime beaucoup voir tout ça en temps réelle dans un univers parallèle. (En plus la fille qui fait les design est très créative, ils ont développé des trucs autour comme les voyages à l'étranger, les jeux, etc.)

    2) Je suis pas trop dans le truc d'être populaire. Je prend mon pied à tester les tenus improbables (j'avais même exploité un bug pour que ma bimbo ait le cancer... J'étais super contente) mais je suis pas trop proche de la communauté du site. Bref, cet aspect là ne me gêne pas.

    3) Ma petite soeur y joue et ça a été un moyen incroyable de se rapprocher. Juste pour ça je continuerai.

    4) Le truc principal de ma-bimbo, qui te prend le plus de temps c'est pas la perte de poids, c'est les fringues et la décoration intérieur. Et j'ai rien contre les fringues et la décoration intérieur. Je continue dans la vraie vie de me dire que c'est chouette de porter des vêtements cool et d'avoir une maison agréable.

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  3. Tes propos me rappellent un conte que j'aime bien, le conte des trois portes de la sagesse : http://pausedetente.jimdo.com/le-conte-comme-alli%C3%A9-th%C3%A9rapeutique/les-trois-portes-de-la-sagesse/

    Cependant, pour revenir à un débat plus terre à terre, si je conçois tout à fait ce mode de vie, je ne peux m'empêcher de me demander ce que ce serait si toutes les féministes agissaient de la sorte. Je veux dire, il est des injustices qui ont été combattues et qui font qu'aujourd'hui nous pouvons faire des choses que nos ancêtrEs ne pouvaient pas faire : voter, divorcer, avorter, utiliser des moyens de contraception, être indépendantes, etc. Sans ces féministes qui se sont battues à l'époque, aurions nous ces droits aujourd'hui ?

    Après, on peut toujours discuter de la pertinence d'une Journée -non pas de la femme- mais des droits de la femme (oui c'est une nuance qui a son importance, je trouve), qui malheureusement soulève souvent, lors de cette journée, les blagues les plus machos qui m'aient été donné d'entendre.

    On ne peut pas améliorer le monde par la force, je pense. Mais on ne peut pas non plus l'améliorer sans rien faire. Le tout est de chacun trouver son équilibre, j'imagine.

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    1. Merci pour le lien !
      Comme tu le dis, on peut s'interroger sur notre propre rôle : certaines ont lutté pour nous. Si on se contente de s'assoir et d'en profiter :/ Il m'a bien fait réfléchir ton commentaire...

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    2. Ben écoute, si je peux t'apporter un peu de choses, tant mieux. Moi tu m'as apporté beaucoup de réflexions aussi (sur les poils par exemple, ou sur l'importance de savoir dire non). Du coup, c'est chouette si c'est un peu partagé.

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