lundi 9 avril 2012

Ma sexualité sur internet ...

Ça fait un moment que j'ai très envie d'écrire ce billet, mais régulièrement une petite main se pose sur mon épaule, et je m'entends dire "tiens, je suis passé sur ton blog, encore un article sympa", et ça me rappelle que je ne suis anonyme que pour certains d'entre vous. Et je rajouterai que parmi mes lecteurs, il y a ma mère, salut maman !

Mais je vais me lancer, courage, parce que cette fois, je vais devoir parler un peu plus de ma propre sexualité.

Si vous avez suivi mes pérégrinations, lus mes articles sur "they where not ashamed", vous avez compris qu'entre autre, ma grande découverte c'est que je devais inclure le clitoris dans ma sexualité. J'ai fait ma bravache en assenant des "La théorie de la femme vaginale doit mourir ! Mort à l'excision psychologique", mais soit dit en passant, j'ai dû prendre sur moi, parce que le moment venu je me sentais souvent très très bête. Ça je l'ai pas raconté, je tenais ça dans le domaine privé, je vous ai pas non plus décris en détail ce qui se passait au moment de passer à la pratique.

 J'avais fait un petit compte rendu sur les évolutions, le premier orgasme, la stabilisation d'une sexualité qui commençait enfin à être intéressante. Et puis plus rien. Cela va faire bientôt un an que j'ai commencé tout ça et il y a du nouveau. Il y a quelques mois j'ai eu... Mon premier orgasme vaginal ! (Là j'imagine atterrée, le nombre de mormons de ma paroisse qui lisent le blog, mais je dis pas ça gratuitement, il faut que je tienne bon)

Bon, première constatation : J'ai pas trouvé ça tellement mieux que l'orgasme clitoridien, les sexologues m'auraient menti (si on en crois la littérature, l'orgasme vaginal est plus long, plus intense et carrément plus fun que le clitoridien... )

Mais c'est pas tellement pour cette conclusion que j'avais envie de vous raconter ça. Il est arrivé un moment où j'ai à nouveau trouvé ma sexualité rébarbative, j'avais l'impression de ne suivre qu'un seul et unique schéma, qui menait certes à la jouissance, mais commençait à prendre un tour extrêmement mécanique. Ce nouveau palier franchi était pour moi une source de réflexion nouvelle : Ma sexualité évoluerait encore. Mais pour cela il fallait que je pratique, et pour que je pratique il fallait qu'une suite se fasse : Un coït, qui mène à l'orgasme. Si la chaîne de récompense était systématiquement tronquée, je ne pouvais pas échanger avec mon mari librement et régulièrement.

Et le moyen simple et spécialement conçu pour que le rapport sexuel aboutisse à l'orgasme (enfin à mon orgasme), c'était le clitoris. La stimulation clitoridienne n'est pas une sexualité aboutie, c'est la base. On ne peut pas espérer aller plus loin en l'oubliant, en laissant cet organe sur le bord du chemin. Alors bien sûr, je peux dire aujourd'hui que le clitoris n'est pas indispensable à l'orgasme féminin, mais pour pouvoir jouir autrement, il faut un long travail avec son partenaire, qui ne peut se faire que dans une sexualité épanouie : Une sexualité où les deux partenaires ont des orgasmes réguliers.

En assistant à la conférence sur la sexualité dans l'évangile, dont je vous avait fait part d'une partie, celle sur la pornographie, j'ai pu voir deux types d'attitudes : Les couples qui venaient avec des problèmes qui les mettaient en colère (le plus traditionnel étant l'éternel : Il en veut trop et elle pas assez). Et ceux qui ne manquaient pas de rappeler qu'ils étaient là, mais que la providence soit remerciée, eux n'avaient aucun soucis. J'ai entendu des hommes suite à la conférences, se dire des lieux communs tels que "Ce que veulent les femmes, c'est de la tendresse" (wahouuu), ou "Il faut dire aux femmes une bonne fois pour toute, que nous on fonctionne avec nos yeux, qu'elles arrêtent de se planquer sous la couette" (Tiens, on savais pas que les hommes mataient, compulsivement même parfois)

Et ça m'a fait penser à l'aveuglement dans lequel un bon nombre de mari vivent. Ils n'y peuvent rien, convaincus qu'ils sont que "merci, chez nous tout va bien", convaincus que le seul problème qui peut y avoir dans un couple, c'est quand la femme est coincée, trop pudique, trop mal dans sa peau. Mon père ne pouvait pas concevoir que ma sexualité ait pu être une source de problème dans mon couple, puisqu'il était bien connu que j'étais quelqu'un d’expansif, voir de déluré. C'est la deuxième partie de ce poste, peut-être la plus intime. J'aimerais montrer aux hommes ce qu'il y a de l'autre côté, de l'autre côté de leur sexualité qu'ils pensent si normale, tellement sans problème, tellement épanouie.

Mon mari, je l'aimais, je le trouvais fascinant et magnifique. Et moi, je n'avais pas de problème particulier, je me baladais à poil chez moi, je m'admirais comme une adolescente dans le miroir, je ne rougissais pas à l'évocation de sujets tendancieux. Non, définitivement, je n'étais pas prude. Au début il y avait l'excitation, je crois que personne ne connait mieux que les mormons (ou les catho, musulmans, juifs, protestants pratiquants, bref tous ceux pour qui la loi de chasteté n'est pas un principe moyenâgeux et désuet), l'impression qu'on va exploser de désir. La loi de chasteté on la trouve belle et sainte, mais une fois amoureux, ça devient une croix à porter, on se répète encore et toujours qu'on a une volonté, et pourtant on est tellement faible. Et on pense que derrière ça va être génial, tant on est attiré l'un par l'autre, tant on se retiens. Et puis il y a l'après. C'est tellement fade par rapport à ce qu'on attendait. Bien sûr, j'avais envie de lui plaire, bien sûr je continuais à mettre en scène une forme de séduction. Et je ne pouvais pas le nier, c'était agréable. Juste agréable.

Et puis est venu le temps où je n'en avais vraiment, mais alors vraiment plus envie. Alors j'oscillais entre les discussions, les excuses qui remettaient à demain et les simulacres. Je n'ai jamais été aussi encourageante que lors de ces simulacres. C'est pour ça que ça me fait rire, les hommes qui affirment qu'ils voient bien que le plaisir est partagé. Nous simulons tellement bien. Et on se déteste pour ça. Mais on a le choix entre mentir et faire plaisir et être honnête et cruelle. Les seules fois où j'étais vraiment honnête, c'est quand j'étais en colère : "Tu as cinq minutes, pas une seconde de plus, je veux dormir". Je ne vous dis pas la tête qu'il faisait quand je lui annonçais. A ces moments là je le méprisais, particulièrement quand il prenait son temps pour "me faire plaisir".

Et à ces moments là, c'était même plus vaguement agréable. Je me souviens avoir contemplé ça de façon extérieur tant je ne supportais plus la situation. Faisant partie des je ne sais pas combien de pourcent de femme à avoir subi une agression sexuelle-et n'ayant strictement aucun problème à en parler-, je peux vous dire que le paroxysme de ce rejet est très proche de ce qu'on ressent lors d'une agression. Cette étape là est plus que glauque, on ne voit ni la sainteté, ni la beauté de la sexualité.

A ce stade là, j'ai pas poussé le vice à continuer ce simulacre. Ça a été le rejet en bloc. J'ai expliqué et on est passé à un long régime de diète sexuelle. Le temps passait et n'y changeait rien.

Alors derrière les "merci chez nous, tout va bien", je ne suis pas sûre qu'on atteigne les 50% de couple où tout va bien. Il y a beaucoup de femmes qui ne disent rien, tout simplement. Et je suis désolée de vous le dire messieurs, il y a des chances pour que vous ne puissiez rien faire pour le deviner. Mon mari passait son temps à me demander s'il pouvait faire quelque chose pour moi et si j'étais heureuse. Et tout le reste du temps je l'étais et je l'aimais. Et du fond de sa tombe, Freud devait se frotter les mains du nombre de clients qu'il amenait à sa profession avec sa théorie pourrie de la femme accomplie qui jouit avec son vagin.

2 commentaires:

  1. Tu dois le savoir, dans mon couple tout est inversé, je suis demandeuse et lui rechigne sans cesse lol Et bien je me rend compte que les mecs, eux, ils savent pas simuler aussi bien que nous ;) Bon trêve de plaisanteries, étant de l'autre côté de la barrière et ayant un mari qui est "toi" dans ce que tu racontes, je peux te dire a quel point c'est dur egalement de ne pas arriver a faire que ton partenaire te desire et soit heureux de faire l'amour, comme c'est triste pour moi quand je me rend compte qu'une super belle nuisette en soie blanche, des bougies, des massages, un repas, rien n'y fait et le desir chez l'autre ne vient pas. Mais si on aime vraiment son conjoint ( et ca a l'air d'etre le cas de ton mari ) on attend patiemment que le désir vienne, et on attend encore, et on prend l'affection quand elle vient, on apprend a aimer les moment passer dans ses bras devant un film autant qu'un orgasme ( en tout cas c'est mon cas ) et ca m'aide a l'aimer quand meme ;)

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  2. :-( c'est pas drole dans l'autre sens aussi... tu as bien raison...

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