mardi 8 janvier 2013

Homosexualité : Une question de choix ?

Les mormons américains ont connu une succession de gros buzz concernant l'homosexualité, et cela en seulement quelques mois.

Il y a d'abord eu la vidéo de BYU, une université mormone, où des homosexuels mormons s'adressaient aux autres homosexuels mormons. Gros phénomène viral. Puis l'affaire de Josh Weed, le père de famille mormon homosexuel, dont l'article est lui aussi devenu viral. Le défilé des "mormons build bridge" à la gay pride de Salt Lake City, une grande première. Et puis il y a eu des suicides d'adolescents homosexuels persécutés qui ont été extrêmement médiatisés et qui ont choqué l’Amérique en général.

Je ne serais pas tendance si je ne parlais pas de mormonisme et d'homosexualité. L’Église vient de sortir un site en anglais qui parle d'homosexualité. Je me baserais donc là dessus  pour tout ce qui est de la position officielle des mormons. (http://www.mormonsandgays.org/ le site officiel dédié à l'homosexualité et au mormonisme).

En présentation on retrouve le texte suivant :

« Même si les individus ne choisissent pas d'avoir de telles attirances, ils choisissent comment y répondre. Avec amour et compréhension, l’Église s'adresse à tous les enfants de Dieu, y compris nos frères gays et sœurs lesbiennes. »

Même si les individus ne choisissent pas... L’Église ne s'exprime pas sur la notion d'inné ou d'acquis. Mais elle reconnait que l'attirance, à la différence du comportement, n'est pas un choix. Plus loin on peut lire :

« Personne ne sait quelles sont les causes exactes de l'attirance homosexuelle. Chaque expérience est différente. Les Saints des Derniers Jours reconnaissent la complexité de cette question. Nous n'avons tout simplement pas toutes les réponses. L'attraction pour ceux du même sexe ne doit cependant pas être considérée comme une maladie.  »

Nous ne savons pas quelle est la cause, et ce n'est pas une maladie. Voilà ce avec quoi je suis d'accord. On ne choisit pas d'être lesbienne parce qu'on est moche. On ne choisit pas d'être gay parce que les femmes sont trop compliquées à gérer. On ne choisit pas d'être transsexuel parce que c'est rigolo de se déguiser. Et contrairement à un phénomène de mode que je trouve assez triste, les vrais bisexuels ne choisissent pas d'être bisexuels pour être cool.

(Petite note à ce propos : Oui, il y a actuellement des adolescents qui se demandent ce qu'ils vont choisir. Pour moi c'est la triste manifestation de ce que l'incompréhension de l'homosexualité est en train de créer, niant toute possibilité à ceux qui rencontrent réellement ces sentiments de comprendre ce qu'il leur arrive alors que d'autres se demandent si aujourd'hui ils mettront un tee-shirt rouge ou bleu et si aujourd'hui ils seront hétéro ou bi)

En conclusion donc mon expérience personnelle et qui n'engage que moi, sur la notion de choix

Je me souviens très nettement d'un rêve que j'ai fait quand j'avais une dizaine d'année, pendant lequel je cherchais désespérément une princesse qui aurait été l'amour de ma vie. Un genre de princesse Peach que je devais délivrer. Sauf que je n'avais jamais joué à Super Mario. Bref, je me suis réveillée et tout d'un coup je me suis dit "Ola, ça c'est pas normal. C'est moi la princesse normalement".

Puis j'ai eu mon premier béguin bizarre à treize ans : une fille que je trouvais sublimement belle avec ses grands yeux verts. Alors je me suis dit que lui dire serait certainement le plus normal, c'était purement esthétique. Cette justification m'a convenu. Puis il y a eu cette fille qui m’obsédait littéralement au cours de danse, j'avais quinze ans. Un jour en plaisantant elle a dit qu'elle était lesbienne, j'ai cru littéralement que j'allais m'évanouir et quand elle s'est tournée vers moi j'étais convaincue qu'elle m'avait percée à jour. J'étais morte de honte. C'est à ce moment là que j'ai commencé à essayer de comprendre, je me suis fait des théories, comme quoi je devais être à moitié fille, à moitié garçon, que c'était dû au fait que j'étais bonne en math (-_-), ou que c'était une forme de narcissisme poussé jusqu'à la perversion, ou que c'était une manifestation de haine envers les hommes dû à mes agressions et que comme ça n'arrivait que de temps en temps, ça devait être de ma faute. J'ai chanté des cantiques dans ma tête à chaque fois que je croisais la fille du cours de danse, j'ai prié, j'ai essayé de remplacer mes pensées par celles de garçons que je trouvais séduisants.

Honnêtement, ça n'a pas marché.  

Puis il y a eu Mélodie que j'ai mis deux ans à approcher et en compagnie de qui je me sentais comme deux ronds de flan, puis il y a eu Charlotte à qui j'ai fini par dire que je ne voulais rien construire avec elle parce qu'à long terme je voulais une famille, puis il y a eu cette fille croisée au supermarché,... Elles sont là, de temps en temps à croiser mon chemin. Comme pour les hétérosexuels qui flashent sur une personnalité, une silhouette, un inconnu à l'arrêt de bus, un collègue. Tous ne feront pas partie de notre vie, certains pas même comme amis. C'est ce qu'on appelle l’attirance et ce n'est pas un choix.

9 commentaires:

  1. Amen Flo !!

    Sinon pour le rêve parmi ce que j'ai pu lire dans des boukins ou le net, quand on rêve d'une fille de qui on est amoureux alors qu'on est une fille.. bref.. ça veut simplement dire qu'on accepte pleinement sa féminité. (même si on lui roule une pelle.. ce qui peut être très perturbateur au réveil ! ;) looool

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  2. Je te dis Bravo pour ta démarche! Tu as un courage que bien peu ont. En parler, expliquer et témoigner. Merci d'apporter ta pierre à l'édifice pour faire progresser les mentalités. Et j'aime beaucoup la fin de ton article. cela montre que c'est si simple, si naturel. C'est le souci de l'homophobie. Ils s'en font un monde, diabolise, alors que non, ben c'est simple, naturel et sain, comme pour les hétéros: de l'attirance, des sentiments, de la sexualité.

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  3. Sans PAS DU TOUT verser dans le côté "maladie", saviez-vous qu'on estime à 6% la population hermaphrodite?50 000 bébés rien qu'en France naissent sans être 100% mâle ou femelle chaque année, avec une "altération" ou une mutation des gènes sexuels. Les gènes sexuels sont comme les autres soumis à des mutations, des millions de recombinaisons. Ce ne sont pas des "anomalies", la vie doit pouvoir s'adapter à un changement, doit pouvoir trouver une solution à un nouveau virus, à un changement climatique, cela tombe mal parfois cela tombe bien parfois (même si cela ne se voit pas)
    Sur les cas d'hermaphrodisme, cela peut être 99,9% d'un sexe(dans la majorité des cas) ou 50% (le cas le plus rare), il peut y avoir un variation physique ou seulement hormonale. Cela pourrait expliquer de nombreuses infertilités et peut-être des attirances pour le même sexe, influence des hormones du sexe "caché".
    Et si l'espèce humaine a réussi à se démultiplier autant tout en gardant une variation sexuelle de 6% des gènes, peut-être que la nature y a trouvé son compte, mais qu'on ne le perçoit pas...

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    1. J'ai pas répondu tout de suite, c'est un sujet que je voulais aborder parce qu'effectivement, si ça n'explique pas forcément, c'est une piste et ça fait beaucoup réfléchie. J'aime bien la question de "la nature y trouve-t-elle son compte ?"

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    2. Selon les normes de l'ISNA, 1% des enfants présentent à un quelconque degré, même faible des signes d’ambiguïté de genre sexuel. De 0,1 à 0,2 % ont un degré d’ambigüité qui nécessite une attention médicale voire de la chirurgie. Ce n'est pas 6% mais c'est quand même important (Entre 1 pour 1000 et 1 pour 100).

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    3. Il me semble que la question du genre et celle de l'orientation sexuelle sont bien distinctes... mais très intéressantes toutes deux! :) Je tenais simplement à le souligner, par peur du piège "les bisexuels sont tels car ce ne sont pas de vrais hommes / femmes"... ;)

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    4. Je suis toujours un peu maladroite avec la question des transsexuels. J'ai tendance à dire homosexuel pour parler de toute personne qui ne correspond pas à la norme, alors qu'effectivement, il y a des transsexuels hétéro et des transsexuels homosexuels. Il est clair que ça ferait du bien à tout le monde qu'on puisse clarifier. J'ai pensé pendant longtemps que j'étais pas vraiment complètement une fille. J'ai mis beaucoup de temps à m'approprier le fait que j'étais une fille, vraiment, et que c'était aussi une part importante de moi.

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